Architecte, ancien combattant et chef d’un groupuscule fasciste, Jean Boissel agrège antisémitisme, antiparlementarisme et antimaçonnisme avant de s’engager dans la Collaboration.
Un architecte devenu chef de ligue
Anselme Joseph Médéric Marie Boissel, qui publie sous le prénom de Jean, naît le 1ᵉʳ mai 1891 à Bains, en Haute-Loire. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, grièvement blessé et pensionné comme grand mutilé, il exerce ensuite comme architecte. Il meurt le 19 octobre 1951 à la prison de Fresnes. Les formes « Jean Anselme Boissel » parfois rencontrées dans des notices secondaires ne correspondent pas à l’identité retenue par la Bibliothèque nationale de France et les sources d’état civil citées dans les travaux biographiques.
Jean Boissel (création numérique Jiri Pragman)
L’antimaçonnisme comme programme
Architecte devenu publiciste et militant d’extrême droite, Boissel fonde successivement une Légion frontiste liée au sigle R.I.F., puis le Front franc. Son itinéraire relève de l’émetteur idéologique constitutif : l’antimaçonnisme appartient au programme déclaré du mouvement, avec l’antiparlementarisme, le racisme et l’antisémitisme. Il ne s’agit donc ni d’une critique ponctuelle des obédiences ni d’un thème périphérique.