Employé du Grand Orient de France, ancien initié devenu informateur des milieux nationalistes, Jean-Baptiste Bidegain fut l’un des protagonistes du scandale politique de 1904. Il transforma ensuite la divulgation de documents authentiques en matière première d’une œuvre antimaçonnique où le fait établi déborde peu à peu vers le récit du complot.
Un homme de l’intérieur
Jean-Baptiste Bidegain naît à Paris le 26 avril 1870. Sa jeunesse reste imparfaitement documentée. Les récits biographiques le disent issu d’une famille catholique basque, élève des Frères des écoles chrétiennes, puis attiré par les milieux socialistes, occultistes et martinistes. Ces éléments proviennent en partie de ses propres écrits ou de notices postérieures ; ils demanderaient encore à être confrontés directement aux archives scolaires et à l’état civil. Ce qui est mieux établi, en revanche, est son passage par la franc-maçonnerie au début des années 1890. Il est initié à la loge Le Travail et les Vrais Amis Fidèles, issue de la Grande Loge symbolique écossaise, et se rapproche d’Oswald Wirth.¹
En 1894, le Grand Orient de France réorganise son secrétariat. Narcisse-Amédée Vadecard en prend la direction et Bidegain devient son adjoint, ou sous-chef. Il ne s’agit donc pas d’un membre périphérique venu observer quelques tenues : sa fonction administrative lui donne accès à la correspondance de l’obédience, à ses réseaux et, bientôt, aux échanges entretenus avec le ministère de la Guerre.
Jean-Baptiste Bidegain (création numérique Jiri Pragman)