Mort en 1975, le vicomte Léon de Poncins est aujourd’hui réédité par trois éditeurs au moins. Ses ouvrages de l’entre-deux-guerres, écrits dans l’ombre de Mgr Jouin et de la Ligue franc-catholique, alimentent encore une part notable de l’antimaçonnisme catholique en circulation sur internet. Itinéraire d’un passeur.
Sous l’aile de Mgr Jouin
Gabriel Léon Marie Pierre de Montaigne de Poncins naît le 3 novembre 1897 à Civens, dans la Loire. Sa famille a été anoblie sous l’Ancien Régime par l’exercice de charges parlementaires, entre 1696 et 1721. Il porte le titre de vicomte, signe « Léon de Poncins » et meurt à Toulon le 18 décembre 19751. Les rééditions contemporaines mentionnent parfois « 1976 ». La notice d’autorité de la Bibliothèque nationale de France tranche : 1975.
Son entrée en antimaçonnisme passe par Mgr Ernest Jouin (1844–1932), curé de Saint-Augustin à Paris, fondateur de la Revue internationale des sociétés secrètes (RISS, 1912) et animateur de la Ligue franc-catholique. Jouin lui ouvre sa bibliothèque et ses archives. Au congrès de 1928, la Ligue recommande à ses militants la lecture des Forces secrètes de la Révolution, tout juste publié, et invite l’auteur à le présenter le 27 novembre. Au sein de la rédaction, Poncins se voit confier le dossier de l’« histoire maçonnique et juive ». Sa signature paraît une dizaine de fois dans la revue entre 1931 et 19352.
Le passage par la RISS situe Poncins dans une généalogie longue. En amont, Augustin Barruel et la matrice du complot maçonnique post-révolutionnaire. En aval, le réseau des contre-révolutionnaires catholiques qui agira sous l’Occupation. Poncins n’invente rien : il met en forme, il diffuse, il transmet.
Léon de Poncins (création numérique Jiri Pragman)