Maurice Bardèche n’a pas élaboré de doctrine antimaçonnique originale. La revue Défense de l’Occident, qu’il dirige pendant trente ans, offre toutefois un espace durable au recyclage du complot judéo-maçonnique.
Maurice Bardèche (1907–1998) est un écrivain, universitaire et polémiste français, considéré comme le fondateur du négationnisme en France1. Beau-frère du collaborateur Robert Brasillach, il enseigne la littérature française à l’université de Lille à partir de 19421. Il ne construit aucune doctrine antimaçonnique propre. Son intérêt pour l’histoire de l’antimaçonnisme contemporain tient ailleurs : à la revue qu’il fonde et dirige pendant trente ans, plateforme où se recyclent les grands thèmes du complot judéo-maçonnique d’avant-guerre.
Un fasciste sans concession
Né le 1er octobre 1907 à Dun-sur-Auron, dans le Cher, Maurice Bardèche est issu d’une famille modeste et républicaine2. Boursier, il entre en hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand, où il rencontre Robert Brasillach, qui deviendra son beau-frère3. Pendant l’Occupation, Bardèche « ne s’investit ni physiquement ni idéologiquement »1 ; il enseigne alors la littérature française à Lille.
Maurice Bardèche (création numérique Jiri Pragman)
L’exécution de Brasillach, en février 1945, en fait un polémiste engagé. Il publie en 1947 une Lettre à François Mauriac, puis en 1948 Nuremberg ou la terre promise, texte fondateur du négationnisme français : les Alliés y sont accusés d’avoir exagéré les crimes allemands pour couvrir les leurs, les Juifs d’avoir fomenté l’extermination pour asseoir leur influence1. En 1961, il revendique sans détour : « Je suis un écrivain fasciste »3.