Rémy Daillet-Wiedemann

Rédigé le 04/08/2026
Jiri Pragman

L’antimaçonnisme au bord du passage à l’acte

Ancien responsable départemental du MoDem devenu figure du complotisme francophone, Rémy Daillet-Wiedemann doit comparaître du 15 septembre au 9 octobre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris, avec quatorze autres prévenus, dans un dossier qui associe des projets présumés de déstabilisation de l’État et la soustraction de la petite Mia en 2021. 1 Son itinéraire illustre le conspirationnisme de fusion. La franc-maçonnerie n’y constitue pas la matrice unique du discours ; elle figure néanmoins explicitement dans son programme et dans l’univers idéologique de personnes qui gravitaient autour de lui.

Un héritier du notabilat centriste

Rémy Daillet-Wiedemann est né en 1966. Il est le fils de Jean-Marie Daillet, député centriste de la Manche de 1973 à 1993, et grandit dans une famille nombreuse de la bourgeoisie catholique. 2La presse rapporte qu’il aurait combattu en Croatie en 1991 ; ce point repose surtout sur ses propres récits et sur des témoignages indirects, sans confirmation archivistique retrouvée. 3Installé en Haute-Garonne, il se présente sans succès aux élections municipales de L’Isle-en-Dodon en mars 2008, puis prend en octobre la tête de la fédération départementale du MoDem. Sa « grève du froid » devant l’usine Molex de Villemur-sur-Tarn lui apporte une notoriété locale au début de 2009. Le parti l’exclut en mars 2010, après un conflit lié à l’enregistrement d’une réunion interne. 4 Il s’installe ensuite en Malaisie, sur l’île de Langkawi, et développe en ligne des activités autour de l’instruction en famille.

Rémy Daillet-Wiedemann (création numérique Jiri Pragman)

La construction d’une audience numérique

La bascule insurrectionnelle devient publique à l’automne 2020. Depuis la Malaisie, Daillet diffuse sur YouTube et d’autres plateformes des vidéos appelant à un « coup d’État populaire ». Son programme, alors présenté en 81 mesures, prévoit notamment l’arrêt de la vaccination, la sortie des traités européens, la suspension des impôts, l’« établissement d’un monarque » doté d’un pouvoir absolu et la mise en examen des membres des gouvernements successifs depuis 1981. Il annonce aussi l’« abolition de la maçonnerie, des sectes satanistes » et celle de « la franc-maçonnerie du CRIF [sic], de la LICRA, de SOS-Racisme, du Betar, des ligues Antifa ». 5 La formule est confuse, mais son orientation ne l’est pas : institutions juives, associations antiracistes et franc-maçonnerie sont fondues dans une même catégorie ennemie.

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