Le 18 avril 2026, cent soixante participants se réunissaient à Ronchin pour la journée d’étude ANTIFM 3.0, consacrée à l’antimaçonnisme contemporain. Les actes de cette journée sont désormais disponibles à la vente.
Ronchin, 18 avril 2026. Une conférence inaugurale. Quatre tables rondes. Une vingtaine d’intervenants et intervenantes – maçons et non-maçons, universitaires et professionnels de la communication, responsables d’obédiences. En clôture, dix dignitaires représentant les principales obédiences maçonniques françaises. La journée a tenu ses promesses. Les actes en conservent la substance.
Publiés sous la direction de Jiri Pragman et Patrick Weslinck, édités par Masonica, les actes d’ANTIFM 3.0 rassemblent l’intégralité des contributions de la journée dans une version retravailllée de l’oral à l’écrit. Cent quinze pages, une bibliographie consolidée, un appareil de notes. Le volume est disponible en version papier.
Un cadre historique, d’abord
La journée s’est ouverte sur une conférence de Roger Dachez. Historien, spécialiste reconnu de l’histoire de la franc-maçonnerie française, Dachez a tracé la généalogie de l’antimaçonnisme occidental en trois âges : antimaçonnisme catholique (1738–), antimaçonnisme politique (fin du XVIIIe siècle–), et le tournant du XIXe siècle, où le pamphlet se mêle à la presse, à l’afférisme et à l’antisémitisme. De Barruel à Taxil, de Drumont à Coston–la chaîne de transmission est retracée avec précision. Sans ce cadre, les recyclages contemporains restent illisibles.
Quatre tables rondes
Les héritiers de l’antimaçonnisme. Première table ronde, animée par Denis Lefebvre, rédacteur en chef de Franc-Maçonnerie Magazine. Trois intervenants – Stéphane François (Université de Mons), Rudy Demotte (ancien ministre belge), Laurent Segalini (musée de la Franc-Maçonnerie)– ont cartographié ce que Stéphane François appelle la « quatrième phase » de l’antimaçonnisme : des matrices anciennes, acculturées et sécularisées, diffusées par les plateformes numériques et la culture populaire. L’asp ect religieux s’efface ; l’idée de complot, elle, se renforce.
Bataille d’image. Deuxième table ronde, sous la modération d’Hélène Cuny, directrice de publication de Franc-Maçonnerie Magazine. Quatre intervenants : l’avocat-historien Emmanuel Pierrat, l’attachée de presse Laura Laloux, le communicant Alain Brau (Grande Loge Nationale Française), l’universitaire Sylvie Pierre (CREM, Université de Lorraine). Barruel et Taxil comme points de départ ; TikTok et les deep fakes comme horizon. Entre les deux, la question reste entière : pourquoi la franc-maçonnerie a-t-elle si longtemps laissé le champ libre ?
Viralité de la haine et antimaçonnisme. Troisième table ronde, réunissant Loïc Nicolas, chercheur en rhétorique à l’IHECS (Bruxelles), et Jiri Pragman, auteur d’Antimaçonnisme. La fabrique numérique du soupçon. Deux focales : la structure rhétorique du discours complotiste (sa « simplexité », selon le terme mobilisé par Loïc Nicolas) ; l’économie des plateformes et la cartographie de l’antimaçosphère numérique. Conclusion partagée : les algorithmes n’inventent pas la haine ; ils en amplifient la circulation.
Stratégies institutionnelles. Quatrième table ronde, sous la modération de Christine Donjean (Université catholique de Louvain), réunissant dix dignitaires représentant dix obédiences : Pascal Bèfre (GLTSO), Roger Dachez (LNFU), Jean-Louis Duquesnoy (GLNF), Henri Hauterville (GLF), Laurent Lemaire (OITAR), Pierre Lucet (GL-AMF), Félix Natali (GLMF), Denise Oberlin (GLFF), Nicolas Penin (GOF) et Sylvain Zeghni (DH). La table ronde la plus attendue peut-être : chaque obédience expose ses pratiques de réponse face aux attaques antimaçonniques.
L'orientation centrale
La journée s’est fermée sur trois interventions. Jean Dumonteil a proposé un programme en trois temps : mesurer, mobiliser, répondre. Henri Hauterville, Grand Maître Honoris Causa de la Grande Loge de France, a formalisé la position commune : un Observatoire de l’antimaçonnisme est une nécessité, à condition qu’il repose sur l’égalité absolue entre les obédiences. Patrick Weslinck a clôturé en annonçant le dépôt, auprès de l’INPI, de la marque « Observatoire de l’antimaçonnisme » par Masonica.
Le triptyque méthodologique de la journée : détecter, décrypter, déconstruire : s’est enrichi d’un quatrième terme en clôture. Construire. C’est sur ce mot que les actes se ferment.
Un volume de référence
Les actes d’ANTIFM 3.0 ne sont pas un simple compte rendu. Chaque contribution a été retravaillée dans le passage de l’oral à l’écrit : les résumés synthétiques, les citations balisées, les notes de bas de page documentant chaque référence invoquée en table ronde, la bibliographie consolidée en fin de volume : le travail éditorial est visible. Ce qui circule dans ces pages, ce n’est pas la retranscription d’une journée ; c’est un état du débat.
Pour ceux qui étaient à Ronchin : le volume fixe ce que la mémoire retient mal. Pour ceux qui n’y étaient pas : il reste la seule façon d’accéder au contenu de cette journée.
Disponibilité
ANTIFM 3.0. Antimaçonnisme aujourd’hui : actes de la journée d’étude (Ronchin, 18 avril 2026). Sous la direction de Jiri Pragman et Patrick Weslinck. Masonica, 2026. 115 pages.
Disponible à la commande : commander le volume.
Quand les organisateurs reçoivent un premier carton d'actes...
