Une personnalité maçonnique qui s’exprime publiquement devrait-elle se demander, avant de parler, ce que ses propos peuvent produire au-delà du public auquel ils sont destinés ? La question n’appelle ni silence ni autocensure. Elle relève de la responsabilité attachée à une parole institutionnelle.
Un Grand Maître, une Grande Maîtresse ou un dignitaire ne parle jamais tout à fait comme un individu ordinaire. Son titre accompagne ses déclarations. Une opinion peut être comprise comme celle de son obédience et, par extension abusive, comme celle de « la franc-maçonnerie ».
Création numérique Jiri Pragman
Ce phénomène n’est pas propre au monde maçonnique. Toute institution est confrontée aux effets de la parole de ses représentants. Mais la franc-maçonnerie présente une particularité : elle est précédée par un imaginaire antimaçonnique ancien, constitué notamment autour du secret, de l’influence politique, des réseaux et d’un pouvoir supposé exercé dans l’ombre.[1] Une déclaration contemporaine peut ainsi venir, parfois involontairement, conforter un récit qui existait bien avant elle.
