Serge de Beketch (1946-2007)

Rédigé le 24/04/2026
Jiri Pragman

Le « repenti » maçonnique des années Radio Courtoisie

Journaliste d’extrême droite, scénariste de bande dessinée, cofondateur de Radio Courtoisie, fondateur du Libre Journal de la France courtoise, ex-franc-maçon, préfacier d’un ouvrage antimaçonnique paru chez Dualpha, Serge André Yourevitch Verebrussoff de Beketch aura incarné pendant quatre décennies l’un des visages les plus actifs de l’antimaçonnisme francophone.

À l’intersection de la presse nationaliste (Minute, National-Hebdo), du réseau catholique-traditionaliste (FSSPX, Renaissance Catholique, Centre Charlier) et de l’édition identitaire (Dualpha, Les Vilains hardis), sa trajectoire dessine le modèle contemporain du « repenti » maçonnique — avant Maurice Caillet, avant Serge Abad-Gallardo — et éclaire, à rebours, la matrice médiatique dont procède l’antimaçosphère numérique actuelle.

Une hérédité mise en scène

Serge de Beketch naît à Tours (Indre-et-Loire) le 12 décembre 1946 et meurt à l’hôpital Beaujon de Clichy (Hauts-de-Seine) le 6 octobre 2007. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, division 39. D’origine russe avec ascendance tatare, il tient de sa famille un capital narratif qu’il réemploiera toute sa vie : son grand-père maternel fut colonel de l’armée française ; son grand-père paternel, aide de camp du général Anton Dénikine, chef des Armées blanches pendant la guerre civile russe ; son père Youri, sous-officier de Légion étrangère, tomba à Diên Biên Phu, « mort pour la France ». Cette hérédité est plus qu’une biographie : c’est une posture d’écriture. Elle structure son rapport au communisme, à la « subversion » et, par glissement, à la franc-maçonnerie comprise comme prolongement moderne d’une même « guerre occulte ».

Enfant de troupe à l’École des pupilles de l’Air de Grenoble, il passe par divers métiers manuels — manœuvre du bâtiment, vendeur en librairie — avant d’entrer, à vingt ans, comme pigiste à l’hebdomadaire Minute. C’est ce point d’ancrage qui commandera toute la suite.

De « Pilote » à « Minute ». La bascule

En 1969, René Goscinny l’invite à collaborer aux pages d’actualité de Pilote. Sous son nom ou sous le pseudonyme d’Altamont Baker, il écrit des scénarios de bande dessinée, traduit pour les éditions Publicness les versions françaises de Eerie, Creepie et Vampirella, et signe plusieurs albums (la série Thorkaël avec Loro, Déboires d’outre-tombe). La fibre ésotérisante de ces récits — dieux du feu, vampires, peuples-poissons — annonce déjà la sensibilité qui le conduira, des années plus tard, à fréquenter la nébuleuse gnostique et « traditionnelle » autour de Jean Borella et d’Arnaud Guyot-Jeannin.

Il quitte Pilote à la mort de Goscinny et se consacre à Minute, dont il devient chef des informations puis rédacteur en chef en 1979. Il démissionne en 1986 après un désaccord avec la nouvelle direction et prend, à la demande de Jean-Marie Le Pen, la direction de la rédaction de National-Hebdo. Le passage n’est pas anecdotique : National-Hebdo est alors le journal officieux du Front national, et ce choix arrime pour de bon Serge de Beketch à l’extrême droite partisane.

Radio Courtoisie. Le vaisseau amiral

En 1987, après avoir été évincé de Radio Solidarité, il participe avec Jean Ferré à la fondation de Radio Courtoisie. Il y tient, chaque mercredi, un Libre Journal qu’il animera sans interruption jusqu’à sa mort, soit vingt années d’antenne. La station, qui revendique l’identité catholique traditionaliste et la défense d’une « France courtoise », devient sous son influence l’un des foyers les plus réguliers de production antimaçonnique francophone : conférences diffusées, entretiens avec d’anciens maçons déclarés, lectures d’auteurs du circuit Chiré-Dualpha.

Paradoxe à documenter : le cofondateur et président de la radio, Jean Ferré, est lui-même franc-maçon, initié en 1972, et auteur d’ouvrages de référence favorables à la franc-maçonnerie publiés chez de grands éditeurs (Le Rocher, Trédaniel). La coexistence d’un antimaçonnisme militant (Beketch, mercredi) et d’un maçonnisme assumé (Ferré, président de l’antenne) au sein de la même structure dit quelque chose de la perméabilité des droites traditionalistes françaises dans les années 1990 — et de la distinction, toujours en vigueur dans ce milieu, entre une franc-maçonnerie « spirituelle » réputée tolérable et une franc-maçonnerie « républicaine » conspuée. Le silence de la mémoire militante sur ce paradoxe n’est pas un oubli : c’est un choix éditorial.

En 1990, Serge Martinez, nouveau propriétaire de Minute, le rappelle à la direction. Il en est démis en 1993 par l’équipe suivante, jugé « trop engagé politiquement ». Il fonde alors, le 21 avril 1993, avec son épouse Danièle, Le Libre Journal de la France courtoise, décadaire qu’il définit comme un « décadaire de résistance française et catholique ». Tirage modeste — trois mille exemplaires, pour l’essentiel par abonnement — mais audience vertébrée : Patrick Gofman, Alain Sanders, Hervé Ryssen y signent. Le maquettiste est Jean-Marie Molitor. Le dessinateur Greg, créateur d’Achille Talon, y collabore ponctuellement — à titre amical, sans engagement idéologique documenté : ami personnel de Beketch depuis Pilote, il prête des dessins de couverture à la manière dont un confrère rend service. Ce détail dit quelque chose, non de Greg, mais du maillage professionnel dans lequel Beketch opère : les frontières entre BD populaire, presse d’actualité et presse militante restent poreuses.

Le « repenti » avant l’heure

Serge de Beketch déclare à plusieurs reprises avoir été franc-maçon, sans jamais préciser l’obédience ni la loge — une lacune documentaire commune à la quasi-totalité des « repentis » du genre. Philippe Randa résume ainsi l’épisode dans sa chronique d’hommage : « Il fut également franc-maçon et ne s’en cacha jamais, surtout après avoir rompu assez brutalement avec les obédiences qui l’avaient si profondément déçu ». La formulation est topique : initiation réelle (posée comme acquise, jamais documentée), déception (motif non spécifié), rupture (datée mais invérifiable), témoignage-charge (produit ensuite, sur des scènes contrôlées).

En 1998, il prononce au Centre Charlier une conférence intitulée La franc-maçonnerie, dont l’enregistrement audio a été sauvegardé, numérisé, et dont le site d’archives signale que « le son de l’enregistrement a été largement amélioré par rapport à la version initiale ». Cet entretien technique, trois décennies plus tard, illustre un trait structurant de l’antimaçosphère : elle ne produit pas seulement des contenus, elle entretient ses reliques. L’oral devient écrit, l’analogique devient numérique, la conférence d’hier circule sur les plateformes d’aujourd’hui sans que la chaîne de médiation soit jamais rompue.

Le schéma qu’il incarne — initié, déçu, rompu, témoin — est un topos de longue durée. On en trouve le modèle dans la littérature de Léo Taxil, puis chez Paul Copin-Albancelli, chez Nicolas Deschamps, chez Mgr Jouin. Beketch en fournit, pour la seconde moitié du XXe siècle, la version médiatique : pas un pamphlet, une émission ; pas un livre, une antenne ; pas un lectorat, un auditoire. La structure rhétorique est identique, seul change le support.

La fabrique éditoriale antimaçonnique

En 2002, Serge de Beketch signe la préface des Arcanes de l’Histoire : l’influence de la Franc-Maçonnerie et des sectes dans l’histoire de France de Gérard Letailleur, paru aux éditions Dualpha, dans la collection « Vérités pour l’histoire ». L’ouvrage développe, des origines à l’après-guerre, la thèse d’une influence maçonnique continue et occulte sur le cours de l’histoire de France — thèse canonique de la tradition Barruel-Jouin, adaptée au format grand public. Dualpha est la maison de Philippe Randa, ami personnel de Beketch, dont il préfacera réciproquement le tome 4 des Chroniques barbares en 2007. Le livre est diffusé notamment par la librairie Chiré-en-Montreuil, point de passage obligé du catholicisme intégriste francophone. La chaîne amorce — amplification — recyclage fonctionne déjà en circuit fermé, sans qu’aucun maillon ne soit externe au réseau.

Sous son propre label, Les Vilains hardis, il publie en 2005 un Dictionnaire de la colère puis, en 2006, un Catalogue des nuisibles. Le registre n’est pas celui de l’enquête mais celui de la désignation. Ses interventions au Centre Charlier et à Renaissance Catholique paraissent à titre posthume, en 2007, sous le titre À l’appel de Dénikine, refermant la boucle ouverte par l’hérédité familiale : la « guerre occulte » des Armées blanches reconduite, sous d’autres habits, contre les loges.

Le maillage des réseaux

Le dispositif Beketch ne se comprend que comme un nœud. Il est vice-président de l’AGRIF — Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne — fondée par Bernard Antony, avec lequel il cofonde par ailleurs le Cercle d’amitié française juive et chrétienne (Alain Sanders, Jean-Pierre Cohen, Pierre Semour figurent parmi les membres). Il est proche du Front national — Le Pen, Bruno Gollnisch, Bruno Mégret, Jean Ferré — et co-dirige avec Patrick Buisson et Anne-Sophie Druet le recueil Le Pen sur le front (Intervalles, 1985). Il fréquente assidûment la chapelle de la Fraternité Saint-Pie-X, ce qui lui vaudra une sympathie durable des catholiques lefebvristes qu’il relaie à l’antenne.

En parallèle, il tient un rôle explicite dans la revue Secrets et sociétés, proche de la mouvance ésotérique d’extrême droite, et parraine à l’antenne l’intervention de Jean Borella, philosophe gnostique qu’il présente comme « un des grands penseurs de ce siècle ». Sa défiance publique à l’égard de la « pensée unique » le conduit à recommander la lecture de Robert Faurisson — une recommandation qui, sur Radio Courtoisie, a valeur d’acte politique, non pas d’indication bibliographique.

Provocations, condamnations

Le 20 novembre 1996, il déclare au micro de Radio Courtoisie : « en France, en 1943, on ne traitait pas les Juifs comme on traite aujourd’hui les gens du Front national ». La phrase, consignée, lui vaudra plusieurs comparutions. Il est condamné à deux reprises le 26 mai 1993 pour diffamation envers Olivier Biffaud, journaliste au Monde — dans le second cas pour « atteinte à la délicatesse et à la dignité de la personne visée ». Créationniste assumé, il affirme que la Terre n’a guère plus de dix mille ans et que le Déluge, l’Arche de Noé et la tour de Babel sont des faits historiques. Cette cohérence, de l’antimaçonnisme à la négation de l’évolution, n’est pas fortuite : elle dessine une épistémologie. Ce qu’il conteste, au fond, c’est le dispositif moderne de production de la preuve.

Postérité numérique

Serge de Beketch meurt le 6 octobre 2007, des suites d’un streptocoque contracté à l’hôpital. Ses obsèques sont célébrées le 12 octobre à l’église Sainte-Odile de Paris, en présence de plus d’un millier de personnes — parmi lesquelles Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch. Vingt ans plus tard, son empreinte numérique ne s’est pas résorbée : elle s’est consolidée.

Création numérique (Jiri Pragman)

Le site sdebeketch.com maintient un catalogue consultable de ses Libre Journaux et conférences. Un second blog, hébergé sur Over-Blog sous l’intitulé Archives du Libre Journal de Serge de Beketch, propose en téléchargement la conférence de 1998 sur la franc-maçonnerie, retravaillée pour en améliorer le son. Le texte La Franc-Maçonnerie par Serge de Beketch circule sur Alterinfo et plusieurs sites miroirs. Philippe Randa continue à le diffuser par l’intermédiaire de Dualpha, dont le catalogue reste actif. Les thèses portées par Beketch de son vivant ne sont plus diffusées seulement : elles sont entretenues. L’antimaçosphère ne se contente pas de produire ; elle archive, restaure, recycle.

Place dans la généalogie

Dans la ligne Drumont - Jouin - Coston - Ratier, Serge de Beketch occupe une position charnière : il est le chaînon médiatique entre la presse antimaçonnique d’après-guerre (les Documents et témoignages de Coston, Lectures françaises) et l’antimaçonnisme numérique des années 2010-2020. Il opère la jonction entre deux régimes de diffusion : la presse confidentielle à tirage limité mais à fort capital symbolique — Minute, Le Libre Journal — et l’antenne radiophonique spécialisée, matrice directe des chaînes YouTube catholico-traditionalistes qui lui succéderont.

Le profil qu’il construit — franc-maçon déclaré, rompu, témoin — est exactement celui que Maurice Caillet puis Serge Abad-Gallardo reconduiront, dans des formats et sur des plateformes différents. Entre-temps, le vocabulaire a changé (la « guerre occulte » s’est muée en « Nouvel Ordre Mondial »), la vitesse de diffusion a bondi (d’une émission hebdomadaire à un flux algorithmique), mais le dispositif rhétorique reste rigoureusement le même : une trajectoire biographique invérifiable, une rupture posée comme preuve, un témoignage qui se valide par lui-même.

Serge de Beketch n’est ni l’auteur le plus lu ni le penseur le plus original du courant, mais il est la preuve qu’entre 1980 et 2010, dans la France de Vigipirate et de l’Internet naissant, existait déjà une infrastructure organisée, institutionnalisée, intermédiée, qui a préparé le terrain sur lequel pousse aujourd’hui l’antimaçonnisme numérique.

Notes

1.Letailleur, G. (2002). Les Arcanes de l’Histoire : l’influence de la Franc-Maçonnerie et des sectes dans l’histoire de France (préface de Serge de Beketch). Éditions Dualpha, collection « Vérités pour l’histoire », 328 p. Diffusion notamment par la librairie Chiré (Diffusion de la Pensée française, DPF).

2.Wikimedia Foundation. (s. d.). Serge de Beketch. Wikipédia, l’encyclopédie libre. Consulté le 23 avril 2026. https://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_de_Beketch

3.Amis et Passionnés du Père-Lachaise. (s. d.). Beketch Serge de (1946-2007). https://www.appl-lachaise.net/beketch-serge-de-1946-2007/

4.BdZoom. (2007, 9 octobre). Le décès de Serge de Beketch. https://www.bdzoom.com/2991/actualites/le-dcs-de-serge-de-beketch/

5.Jean Borella, né en 1930, philosophe français, ancien professeur à l’université de Nancy-II, figure majeure de la réception francophone de l’ésotérisme guénonien. Il est notamment l’auteur de La Charité profanée (1979) et de Problèmes du gnosticisme (2004, L’Harmattan). Son œuvre s’inscrit dans la tradition pérennialiste (Guénon, Schuon) et vise à réarticuler christianisme et métaphysique ésotérique.

6.Arnaud Guyot-Jeannin, journaliste et essayiste français, animateur à Radio Courtoisie puis à Radio Ici et Maintenant, éditeur du collectif Aux sources de la droite (L’Âge d’Homme, 2000). Figure de la droite traditionaliste, il a contribué à la diffusion des auteurs pérennialistes (Guénon, Evola, Borella) dans la sphère catholique-traditionaliste française.

7.Jean Ferré (1929-2006), journaliste, essayiste et historien de l’art, cofondateur et président de Radio Courtoisie de 1987 à sa mort. Point essentiel : Jean Ferré est lui-même franc-maçon, initié en 1972, et auteur d’ouvrages de référence favorables à la franc-maçonnerie : Histoire de la franc-maçonnerie par les textes, 1248-1782 (Éditions du Rocher, 2001), La Franc-maçonnerie et le sacré (Trédaniel, 2003), Dictionnaire des symboles maçonniques. Sources : Éditions du Rocher, Trédaniel (notices auteur) ; Wikipédia. La coexistence entre l’antimaçonnisme de Beketch et le maçonnisme assumé du président de sa station mérite d’être signalée — c’est un point sur lequel la mémoire militante reste silencieuse.

8.Site officiel du Libre Journal de Serge de Beketch. (s. d.). Biographie. https://sdebeketch.com

9.Wikimonde. (s. d.). Serge de Beketch : fondation du Libre Journal de la France courtoise le 21 avril 1993 avec son épouse Danièle, tirage par abonnement d’environ 3000 exemplaires. https://wikimonde.com/article/Serge_de_Beketch

10.Patrick Gofman, né en 1949 à Suresnes, journaliste et écrivain, ancien militant de l’Organisation communiste internationaliste (OCI, trotskiste-lambertiste, 1967-1979), passé à l’extrême droite à partir de 1986. Secrétaire de rédaction du Libre Journal de la France courtoise jusqu’en 2007. Collaborateur de Rivarol, Réfléchir & Agir, Synthèse nationale. Source : Wikipédia ; Metapedia.

11.Alain Sanders, né en 1946, journaliste catholique-traditionaliste français, membre fondateur du Cercle d’amitié française juive et chrétienne, collaborateur régulier du quotidien Présent (organe de presse lié à la mouvance Front national / Chrétienté-Solidarité).

12.Hervé Ryssen, pseudonyme d’Hervé Lalin, né en 1967, essayiste français classé à l’extrême droite. Auteur d’ouvrages d’inspiration antisémite et conspirationniste, il a fait l’objet de plusieurs condamnations pour provocation à la haine raciale et contestation de crimes contre l’humanité (Cour d’appel de Paris, arrêts de 2015, 2020). Source : Conspiracy Watch ; jurisprudence publique.

13.Jean-Marie Molitor, journaliste et maquettiste, figure récurrente de la presse d’extrême droite française depuis les années 1980 (Minute, National-Hebdo, Rivarol). Responsable de la maquette du Libre Journal de la France courtoise. Source : fiche Wikimonde sur Serge de Beketch.

14.Michel Régnier dit Greg (1931-1999), auteur belge de bande dessinée naturalisé français, créateur d’Achille Talon (1963, Pilote), rédacteur en chef du Journal de Tintin (1965-1974), directeur littéraire de Dargaud. Ancien collègue de Beketch à Pilote, ami personnel : il tient une chronique à Minute en 1982 (Les Carnets de Lemmy Gray) et fournit ponctuellement au Libre Journal des dessins de couverture. Précision importante : aucun engagement politique d’extrême droite documenté ; sa collaboration relève de l’amitié personnelle, non de l’affiliation idéologique. Source : Universalis ; Wikipédia.

15.Randa, P. (2007, 10 octobre). Un albatros s’en est allé. Le Libre Journal de la France courtoise, chronique hebdomadaire. Voir également : Randa, P. (éd.). (2007). À l’appel de Dénikine. Renaissance Catholique, 310 p.

16.Archives du Libre Journal de Serge de Beketch. (s. d.). Conférence de Serge de Beketch sur la franc-maçonnerie au Centre Charlier (1998). https://archives-de-beketch.over-blog.com. Le site précise explicitement que « le son de l’enregistrement a été largement amélioré par rapport à la version initiale », ce qui atteste d’un entretien actif de l’archive.

17.Nicolas Deschamps (1797-1872), prêtre jésuite français, auteur des Sociétés secrètes et la Société, ou philosophie de l’histoire contemporaine (3 volumes, publiés à titre posthume, 1874-1876). Cet ouvrage est, avec les Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme de l’abbé Barruel (1797), l’un des deux textes matriciels du complot maçonnique dans la tradition catholique-traditionaliste francophone. Il figure dans la liste des sources de référence des auteurs ultérieurs (Jouin, Copin-Albancelli, de Poncins).

18.Sur la généalogie Drumont — Jouin — Coston — Ratier, voir Pragman, J. (2026, 12 mars). Henry Coston, le connecteur oublié de l’antimaçonnisme français. ANTIFM / Observatoire de l’antimaçonnisme. antifm.substack.com. Sur Maurice Caillet et Serge Abad-Gallardo comme figures contemporaines du « repenti » médiatique, voir les dossiers correspondants du même observatoire. Johan Livernette, qui figure par ailleurs dans le corpus, n’a jamais été franc-maçon : sa posture antimaçonnique relève du militantisme catholique-traditionaliste, non du témoignage d’ancien initié.

19.Gérard Letailleur, historien et essayiste français, auteur d’ouvrages grand public sur l’histoire parisienne chez Perrin (Histoire insolite des cafés parisiens) et, parallèlement, d’ouvrages à thèses complotistes chez Dualpha (Les Arcanes de l’Histoire, 2002 ; Les Arcanes insolites de l’histoire, 2018) portant sur la prétendue influence occulte de la franc-maçonnerie et de sociétés secrètes sur l’histoire de France.

20.Metapedia. (s. d.). Serge de Beketch. Récapitulatif des ouvrages signés ou préfacés, dont Dictionnaire de la colère (Les Vilains hardis, 2005) et Catalogue des nuisibles (Les Vilains hardis, 2006). Le titre du second ouvrage est en soi un document.

21.Bernard Antony, né en 1944 à Tarbes (état civil : Bernard Anthony, nom de plume Romain Marie), journaliste à Présent, député européen Front national (1984-1999), fondateur de l’AGRIF (1983), de Chrétienté-Solidarité, du Centre Henri-et-André-Charlier (1980). Figure centrale de la sensibilité catholique-traditionaliste dans les milieux nationalistes français. Source : Wikipédia.

22.Jean-Pierre Cohen, coprésident du Cercle d’amitié française juive et chrétienne avec Bernard Antony et Serge de Beketch. Source : Wikipédia (fiches Antony, Beketch). Le Cercle visait à articuler une identité juive et une ligne nationaliste-catholique, dans la continuité de certaines positions françaises d’extrême droite post-1967.

23.Pierre Semour, cité comme cofondateur du Cercle d’amitié française juive et chrétienne aux côtés d’Antony, Sanders, Cohen et Beketch. Mention documentée par l’article Wikipédia consacré à Serge de Beketch. Source unique : aucune trace indépendante n’a été retrouvée à ce jour — la mention mérite donc vérification ultérieure.

24.Bruno Gollnisch, né en 1950, professeur de droit, député européen, ancien délégué général du Front national et dauphin historique de Jean-Marie Le Pen avant la succession en faveur de Marine Le Pen (2011). Figure récurrente de Radio Courtoisie.

25.Patrick Buisson (1949-2023), journaliste et historien français, ancien rédacteur en chef de Minute (1981-1987), président d’Histoire Chaîne TV, conseiller politique de Nicolas Sarkozy (2007-2012), auteur de La Cause du peuple (Perrin, 2016). Il représente dans les années 1980 la jonction entre la presse d’extrême droite et une droite nationale qui accèdera plus tard aux lieux de décision.

26.Anne-Sophie Druet, journaliste française, co-directrice avec Patrick Buisson et Serge de Beketch du recueil Le Pen sur le front (Intervalles, 1985). Les traces documentaires ultérieures sont rares : l’ouvrage reste la principale occurrence retrouvée.

27.Alliance du Trône et de l’Autel. (s. d.). Serge De Beketch, l’ami de la résistance adepte de l’ésotérisme. L’article documente la proximité avec Philippe Randa, Jean Borella, la revue Secrets et sociétés, le Centre Charlier et Arnaud Guyot-Jeannin. https://www.alliancedutroneetdelautel.fr/serge-de-beketch-l-ami-de-resistance-adepte-de-l-esoterisme

28.Robert Faurisson (1929-2018), universitaire français, figure centrale du négationnisme européen. Condamné à de multiples reprises à partir de 1983 pour contestation de crimes contre l’humanité, notamment après l’entrée en vigueur de la loi Gayssot (1990). Recommander sa lecture à l’antenne revient, à la fin des années 1990, à marquer une ligne délibérément située en dehors des consensus démocratiques. Source : jurisprudence publique ; Mémorial de la Shoah.

29.Déclaration consignée dans l’article Serge de Beketch de Wikipédia (version française et anglaise) : « en France, en 1943, on ne traitait pas les Juifs comme on traite aujourd’hui les gens du Front national ». Radio Courtoisie, 20 novembre 1996. La phrase est documentée par plusieurs sources secondaires ; l’enregistrement original n’est pas publiquement accessible.

30.Chombeau, C. (1998, 4 janvier). Radio Courtoisie… à démontrer. Le Monde. Voir aussi : Biffaud, O. (1992, 12 février). Le Front national, vingt ans après — Radio Courtoisie. Le Monde. Et : (1993, 19 juin). Pour injure envers un journaliste du Monde, Serge de Beketch et Radio Courtoisie sont condamnés par le tribunal de Paris. Le Monde.

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Jiri Pragman est l’auteur de Antimaçonnisme. La fabrique numérique du soupçon (Numérilivre, 2026).