Depuis près de trente ans, Alain Pascal développe une lecture catholique, traditionaliste et antimoderne de l’histoire. La franc-maçonnerie y occupe une place centrale, mais elle n’est jamais isolée : elle s’inscrit dans une vaste généalogie reliant les gnoses anciennes, la kabbale, la Renaissance, la Réforme, les Rose-Croix, les Lumières et la Révolution française. Cette continuité constitue la force narrative de son œuvre. Elle en est aussi la principale fragilité historique.
Une biographie largement autoréférencée
La Bibliothèque nationale de France identifie Alain Pascal comme un auteur français de langue française. Sa notice d’autorité ne donne toutefois ni date de naissance ni parcours professionnel détaillé. La date du 29 mars 1948 à Neuilly-sur-Seine, sa formation juridique et son ancienne activité d’avocat au barreau de Paris circulent dans des notices reprenant son autoprésentation. Elles n’ont pas été recoupées, dans le cadre de cette recherche, par une source d’état civil, ordinale ou archivistique indépendante.[1][2]
Alain Pascal (création numérique Jiri Pragman)
Ses éditeurs et les médias qui l’accueillent le qualifient volontiers d’« historien » ou de « philosophe ». Aucune qualification universitaire précise n’apparaît dans les sources institutionnelles consultées. Son travail relève plus justement de l’essai historique et religieux engagé : il propose une interprétation générale du passé, guidée par une conviction doctrinale explicite, plutôt qu’une recherche soumise aux méthodes et aux débats du monde académique.
La franc-maçonnerie, point d’entrée d’un système
Son premier livre, La Trahison des initiés. La Franc-maçonnerie, du combat politique à la guerre de religion, paraît chez AENCRE en 1996. Une troisième édition, revue et corrigée, est publiée par les Éditions des Cimes en 2013, dans la collection « Face cachée ». Le titre résume déjà la thèse : la franc-maçonnerie moderne aurait détourné une initiation tenue pour authentique et serait passée d’un engagement politique à une guerre religieuse contre le christianisme.[3][4]
