ENTRETIEN. Gaël de Kerret

Rédigé le 23/02/2026
Masonica Littéraire


Q. Pour celles et ceux qui vous découvrent : quel est votre parcours, et qu’est-ce qui vous pousse à écrire et à transmettre aujourd’hui ?
R. Mon parcours maçonnique dans le Rite Écossais Ancien et Accepté depuis bientôt 30 ans est dans la continuité de mon travail onirique et spirituel personnel : quel est le sens ? Quel est mon devoir ? Mais j’ai été d’abord un musicien professionnel, artiste lyrique, professeur de chant. Actuellement directeur artistique du « Festival Valloire baroque » et aussi ... interprète de rêves : www.dekerret.fr/.

Transmettre est un instinct de l’humanité depuis si longtemps ! Pour ma part, au-delà des prises de paroles en conférences, cela me permet d’amplifier un sujet au-delà de ce qui est habituellement possible et ainsi de pouvoir ouvrir pour le lecteur des chemins de pensée qui ne peuvent se faire jour par les media rapides.

Un enthousiasme concernant le sujet, qu’il soit l’Esprit dans la musique » ou l’apophase comme fil rouge du Rite Écossais Ancien et Accepté. Cet enthousiasme conduit aussi mon écriture au moment de son accouchement. Voir alors l’étymologie de « enthousiasme » !

 



Q. Concrètement, comment naît un livre chez vous : méthode, rythme, discipline ?
R. D’abord, l’attente du bon moment intérieur, puis le rassemblement d’un contenu d’abord désordonné qui obéisse au fil rouge de mon idée de livre. Puis soudain, 10 jours non-stop d’écriture intensive sans rien avoir à faire par ailleurs. Ensuite, il faut bien deux mois pour une fluidité littéraire et musicale en passant mon écriture au gueuloir de Flaubert :  étape fondamentale non seulement pour la bonne construction de la phrase et aussi de l’ordonnancement des paragraphes.

Q. Votre dernier livre porte sur “l’apophase” : de quoi s’agit-il, pourquoi l’avoir écrit, et qu’y gagne le lecteur ?
R. 2025, Éditions Agapae du SCPLF.

À toute époque et par tous les continents, les humains ont fait part de leur intuition d’un plus vaste qu’eux-mêmes. Ils ont nommé cela « Dieu » … que nous ne savons pourtant que balbutier !  Pourquoi l’âme insiste-t-elle à ce point sur ce qui échappe et qui pourtant transforme les adeptes en sujets capables de Sens ?

Proposant différentes énigmes et circonvolutions, le REAA sait que le « divin » ne peut être une notion ou un concept mais qu’il est de l’ordre d’une expérience déraisonnable que toutes les Traditions ont mise en avant. Je crois que le Rite Écossais Ancien et Accepté est le meilleur miroir d’une expérience spirituelle renversante vécue et de ce fait, une immense sagesse à transmettre.

Plutôt que de s’énerver sur un Dieu conceptuel, on pourrait voir ce qu’il est en train de dire à l’âme en 2026.

  • Une fierté concernant la Franc-maçonnerie de Tradition qui nous transmet des archétypes présents en l’homme qui sont l’Essence de l’homme

  • Une confiance suggérée au Frère par le Rite pour « oser parler », transmettre la vie de son âme.

Q. Avant cet ouvrage, quelles autres publications comptent dans votre trajectoire d’auteur ?
R. « L’Esprit-musique et le REAA » 2021, Editions Agapae

Toute musique a ceci de particulier qu’à peine entendue, elle disparait de nos oreilles. C’est pourquoi elle a été associée à l’Insaisissable et donc à une entrée en mystère sur la question de notre présence au Cosmos. L’Insaisissable sera expérimenté par celui qui prend conscience d’une énergie numineuse parcourant la musique dite sacrée, cette petite musique de nuit qui peut répondre à la grande question du Sens. Comment l’humanité a-t-elle tenté de la formaliser au long des siècles ? Comment les compositeurs ont-ils mis en forme la musique de notre voûte étoilée ?

  • Paru aussi aux éditions Laurence Massaro en 2022: « Qu’est-ce qui arrive à la Musique ? », ouvrage collectif dirigé par Marc Halevy. Pour ma partie :« La musique nous fait vibrer : mais est-ce forcément de l’art ? »

Q. Et après : quel livre aimeriez-vous écrire maintenant, en une phrase ?
R. Un livre sur le domaine commun entre le monde onirique et la Franc-maçonnerie de Tradition. Les deux mondes ont la même passion du rectificando, des archétypes, du numineux et du sens de la vie.

Q. On vous a également demandé une réflexion de fond sur “l’engagement”. Quelle définition en proposez-vous, et quelles implications en tirez-vous ?
R. La Création continue (verbe et adjectif)