Rodrigues dos Santos revient avec Tomás Noronha, son cryptologue récurrent, et lui confie cette fois l'une des questions les plus anciennes et les moins résolues de la philosophie : qu'est-ce que la conscience ? Le point de départ est classique — un meurtre dans un laboratoire de neurosciences —, mais l'enquête policière n'est ici qu'un prétexte. Ce que l'auteur veut explorer, c'est le cerveau humain, ses capacités méconnues, et ce qu'on appelle faute de mieux l'âme.
La mécanique narrative est celle que Dos Santos maîtrise : chapitres courts, révélations distillées au compte-gouttes, alternance entre tension dramatique et vulgarisation scientifique. Le livre convoque les expériences de mort imminente, la physique quantique et les dernières avancées en intelligence artificielle pour tenter de répondre à une question que la science n'a pas encore tranchée — sommes-nous des machines biologiques ou y a-t-il une dimension qui nous échappe ?
Ce dosage entre fiction et information est la marque de fabrique de l'auteur, et il fonctionne. Le lecteur apprend des choses vérifiables tout en suivant une intrigue. Le risque du genre — la vulgarisation qui simplifie à l'excès, la fiction qui instrumentalise la science — est ici géré avec une maîtrise suffisante pour ne pas décrédibiliser le propos.
Le Sixième Sens ne résout rien, ce qui est intellectuellement honnête. Il pose des questions sur la perception de la réalité et laisse le lecteur les emporter avec lui. Pour ceux qui aiment leurs thrillers chargés de contenu, c'est exactement ce qu'il faut.
Titre : Le Sixième Sens
Auteur: José Rodrigues dos Santos
Editeur : Hervé Chopin Editions
Année d'édition : 2026
Pagination : 475 pages
ISBN : 978-2357209794

